13 janvier 2014

Vive la diversité

Ecrire pourquoi ? C'est ce qui me vient à l'esprit en ouvrant mon blog laissé en friche pendant un an.

 

Redire les news partagées par tous les médias, sonder le cœur à vif des amis qui rentrent de voyage, écrire la vie volontairement cachée de ceux qui vagabondent à cette heure ? Entre l'inutile et l'impudique, je choisis de ne pas mettre de mots sur ce qui mérite d'être ignoré ou préservé. Et puis voilà, Capucine et Tara Tari arrivent aux Antilles et c'est joli comme un conte de fées, Corentin et Gold of Bengal passent à la télé, et cela nous rappelle qu'au début de tout projet il y a la volonté, qu'avec un peu d'intelligence la volonté fait de belles choses et du coup ça donne envie d'écrire. Merci Capucine, merci Corentin !

 

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A cette heure, c'est l'hiver en Thaïlande, il fait doux. Je n'en profite pas du tout, occupé à réaliser avec le chantier Alibi de beaux bateaux pas ordinaires, en course avec d'autres chantiers pour être les premiers à proposer une solution intelligente pour réduire à presque rien la dépendance énergétique. Propulsion et régénération électrique, un marronnier et l'arlésienne à la fois, car il faut avouer que rien n'existe de convainquant à ce jour. D'avoir le nez dedans me permet de réaliser la complexité de l'entreprise. La théorie ne montre rien des centaines de paramètres à gérer pour aboutir, car nous sommes toujours sur des navires, où rien ne se passe comme dans un laboratoire... Je ne vous apprends rien. Le challenge est passionnant, mais pour peu que les avions de ligne que nous allons mettre à l'eau soient aussi fiables que des Airbus, un vieux fond de prudence me parle de l'avantage de la simplicité, me fait l'éloge du dépouillement, et je me sent fondamentalement plus proche de ceux qui larguent les amarres dans l'esprit de « simplicité volontaire » que défendent Capucine et Corentin.

 

Paradoxal ? Vanter la simplicité et s'employer à développer de la complexité ? A coup sur, mais quelle importance, car ce qui compte est de trouver des solutions qui fonctionnent. Malgré les apparences, la simplicité en mer n'est accessible que lorsqu'on a intégré et agencé, comme dit plus haut, des centaines, sinon des dizaines de paramètres. Autrement, dit, la simplicité passe d'abord par la complexité, car il n'est pas simple de s'organiser pour échapper au superflu, de faire les bons choix et les bonnes coupes.

 

Au bout de chaque projet maritime, un même objectif d'autonomie, de capacité à vivre dans un milieu toujours surprenant, et (encore un paradoxe) de partager cet objectif d'indépendance pour qu'il soit dupliqué, validé comme étant viable, vivable, enviable. Et si cet objectif d'indépendance était le ciment d'une interdépendance vitale ? … solidarité des gens de mer...

 Quoi qu'il en soit, la mer est un espace de découverte. Champ d'exploration scientifique, technique, territoire de cultures multiples nées des métiers des marins, entraînant dans leur sillage des inventeurs, des constructeurs, des architectes, des philosophes peut être.

Pour chaque bateau un métier, une passion et une tranche de vie au moins, toujours radicalement différente de celle d'un terrien. Comprendre la mer c'est aussi la penser sous tous ses aspects, ce qui nous permettra d'y naviguer plus sûrement, plus proprement, avec plus de repères que les bittes du bout de son quai.

 Ainsi, de savoir autant de projets que d'hommes et de femmes avec leurs navires, dans un bouillon de diversité qui assure son propre renouvellement, qui génère les inventions de demain, c'est bon pour commencer une nouvelle année.

 

Bons vents et mers aimables pour 2014.

 

PS : Un peu plus d'un an que Maître à Bord est « dans toutes les bonnes librairies », déjà plus de 1500 lecteurs! Merci à tous, et à Voiles et Voiliers pour la diffusion de l'ouvrage.  

http://www.goldofbengal.com/  http://whereistaratari.blogspot.com/  http://www.voilesetvoiliers.com/


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